MARCHE DE L'ART

Les nouveaux musées dopent le marché de l'art

Ce sont désormais les musées qui réalisent la majeure partie des gros achats aux enchères, selon le rapport semestriel d'Artprice, faisant état de la très bonne santé du marché de l'art. Un marché dopé par la multiplication des créations de musées dans le monde.

Photo Julie Jacobson / sipa / AP (capture d'écran)

Avec un bond de 18% au premier semestre, le marché de l'art est au beau fixe : le produit des ventes aux enchères de "fine art" (peinture, sculpture, dessin, photographie, estampe, installation) s'est établi à 8,45 milliards de dollars dans le monde, indique vendredi le rapport semestriel d'Artprice transmis à l'AFP par le leader mondial des banques de données sur la cotation et les indices de l'art.
 
Fait notable, "environ trois quarts (72%) des achats supérieurs à un million de dollars sont aujourd'hui le fait de musées", souligne le président et fondateur d'Artprice, Thierry Ehrmann, avec des ouvertures de musées qui ne cessent d'augmenter. "Il y a plus de créations de musées depuis 2000 que durant tout le XIXe et XXe siècle. Et il s'en crée 700 par an en Chine", une des plaques tournantes du marché.
 
Fonds Régionaux d'Art Contemporain

"Tout sauf de l'art"  dénoncent leurs détracteurs

Les acquisitions 2017 du FRAC-Picardie apportent de l'eau au moulin de ceux qui dénoncent ouvertement un scandale national, tandis que Luc Ferry, ex-ministre RPR de l'Education Nationale parlait en 2013 de "fric-frac et d'imposture de l'art contemporain". Reste maintenant à savoir qui sont les imposteurs et les auteurs du "fric-frac"...

Par Jérôme DUFAY

Je me suis intéressé aux acquisitions 2017 et 2016 des Fonds Régionaux d’Art Contemporain (FRAC) des Hauts-de-France. A savoir le FRAC-Picardie et le FRAC-Nord – Pas-de-Calais.

Je n’ai pas eu le temps de pousser une enquête complète sur les années précédentes, jusqu’à 1982-83, années de leur création sur l’impulsion de Jack Lang, ministre de la Culture sous l’ère Mitterrand, président de la République.

Ces deux dernières années suffisent à illustrer le propos que j’entends développer.

Mon constat est le suivant. Ces FRAC, financés par les contribuables n’ont de « régionaaux » que leur intitulé et leur siège d’implantation provinciale et francilienne. Leurs collections, en revanche, ne sont pas constituées d’œuvres d’artistes issus des 23 territoires dans lesquels ils sont installés. A quelques exceptions bien sûr car il faut bien avoir quelques contre-arguments à avancer en guise de contre feu à qui s’aviserait à dénoncer une véritable supercherie.

Jack Lang "émerveillé"

Luc Ferry parle de "fric-frac"

 

Encensés par leur ministre-fondateur parlant de son "émerveillant pour les trente années de travail accomplies", les FRAC sont aujourd’hui au centre de sévères critiques. Un peu partout en France s’élèvent des voix pour dénoncer un clientélisme artistique sur fonds publics – « un fric-frac, ou imposture de l’art contemporain » a écrit l’ex-ministre de l’Education Nationale Luc Ferry dans une tribune cinglante publiée dans « Le Figaro » en mars 2013.

Ce dernier est loin d’être le seul. Des artistes jusque-là restés silencieux en espérant qu’un jour la porte des FRAC s’ouvriraient pour eux, commencent à se dresser à leur tour. Ils font le constat de la vacuité artistique de ces Fonds Autre réalité, ces FRAC restent confidentiels. Leurs fonds d'ar contemporain n’attirent guère plus de quelques dizaines de milliers de visiteurs – région par région. Bien loin derrière les musées vers lesquels se ruent de plus en plus des visiteurs assoiffés de curiosité.

 

Mon pavé dans le marigot des FRAC

J'aura l'occasion dans un prochain article de démontrer que ces FRAC ne sont pas représentatifs de la création artistique picturale en France et pratiquent un veritable apartheid culturel en limitant le champ de l'avant-gardisme au seul courant de l'art conceptuel, qui n'a souvent d'art de de nom générique, et rejettant dans le ghetto de la misère des centaines de milliers de créateurs et galeristes qui n'arrivent plus à vivre de leur métier.

A mon tour, et indifférent aux contre-feux qui pourraient être allumés, je lance le pavé dans le marigot des Fonds Régionaux d'Art Contemporain.

 

Les acquisitions 2017 du Frac-Picardie

- Virginia Chihota / quatre dessins

35 ans, née au Zimbabwé, installée à Podgoria (Monténégro).

 

Virginie Chihota 2013 / photo André Morin / Frac-Picardie

 

- Helmut Federlé / série de dessins

Né en 1994. Suisse. Installe à Vienne (Autriche) et Camoïre (Italie)

      

Helmut Federlé / photo André Morin / Frac - Picardie

Iris Levasseur / un dessin

Née en 19472 à Paris

Insatallée à Paris

1 dessin

Iris Levasseur / photo André Morin

Fusain et graphite sur papier.

Benjamin Monti / vingt dessins

Né en 1983 à Liège

Ensemble de vingt dessins

Photo André Morin / Frac-Picardie

 

Elly Strik / neuf dessins

Née en 1961 à La Haye (Pays-Bas)

Installée à Bruxelles

Série de neuf dessins indissociables (non publiés sur le site du Frac-Picardie)

 

Jérôme Zonder / deux dessins

Né en 1974 à Paris

 

Jérôme Zonder / Photo André Morin / Frac-Picardie

Portait de Garance (fusain et mine graphite sur papier et tissus divers)

 

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